Le 14 avril 2008, les cinquante policiers des premières Unités territoriales de quartier (Uteq) ont été déployées dans les banlieues difficiles de la Courneuve, de Saint Denis et de Clichy-Montfermeil. Ces unités de lutte contre la délinquance sont aussi chargées de rétablir le "lien de confiance" avec une population qui se défie des forces de l'ordre. Les policiers des Uteq ont été formés par un psychologue sur la façon d'interroger les jeunes délinquants, on reçu un enseignement sur les pratiques culturelles et religieuses des minorités (environ quarante nationalités d’origine cohabitent en Seine Saint-Denis).
La question de savoir s’il s’agissait d’une nouvelle police de proximité s’est immédiatement posée.
Le Premier ministre François Fillon avait estimé dès janvier 2008 que cette police dans les banlieues qu’il présente comme composée des "policiers les plus aguerris" (les policiers sont tous volontaires) allait s’opposer à "la culture de la violence et de la haine" et au "mépris des règles communes".
Un an après on peut se demander si les Uteq sont la réforme de la police dont les citoyens ont besoin. La police de proximité est l'avenir de la "police des citoyens", de celle qui est proche de leurs besoins et veut dialoguer avec eux. Quelque soit son nom. Le gouvernement a supprimé par idéologie la police de proximité, en dépit de ses résultats très positifs dans les zones où elle avait été déployée. Mais devant les récriminations des élus, il a fallu la relancer à bas bruit avec un nouveau nom. Les Uteq sont une police de proximité sans doctrine et avec peu de moyens. Mais leur extension hors de l'Ile de France est une bonne nouvelle.
On a de bonnes raisons de croire que cette voie est prometteuse. Pourquoi ? En se posant une question : « A l'étranger, la police dispose-t-elle d'unités de quartier, d'unités de police de proximité ? »
La police de proximité, police communautaire ou police de voisinage a été lancée dans les principales démocraties, du Canada à la Grande-Bretagne en passant par la Suisse. Dans tous ces pays la délinquance a baissé, preuve que les accusations lancées contre elle en France n'étaient pas fondées. De quoi s’agit-il ? D’un découpage de la ville en petits quartiers dans lesquels les citoyens connaissent leur policier référent et où les policiers connaissent les délinquants, d’une recherche de travail en partenariat (la police ne pas tout faire seule) pour réduire les difficultés, d’un soucis pour les attentes des habitants.
Finalement, jusqu’à quel point ces Uteq sont elles contradictoires avec la « culture du résultat » valorisée par Nicolas Sarkozy ? La culture du résultat est un slogan, une présentation avantageuse des statistiques. Croyez-vous que les policiers se tournaient les pouces avant 2002 ? Bien sûr que non. Cela dit, la police a plusieurs fonctions : le fait d’identifier les délinquants et de les envoyer devant le juge, mais aussi celui de soutenir les victimes et de rassurer la population et aussi de dissuader et prévenir. Un modèle de police c’est un peu comme une recette de soupe : le goût dépend du dosage des ingrédients. Avec plus de proximité dans la recette actuelle, la police a le moyen de gagner la confiance des habitants. C’est la clé.